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Interview : Ratapon

Jouets en bois français 🌈

 

Bonjour, je suis Emilie, illustratrice et je suis ravie de vous retrouver pour une nouvelle interview ! Cette semaine, nous partons découvrir les coulisses de Ratapon, une jolie marque de jouets en bois. Avec Raphaël, son créateur, nous avons parlé de son parcours, de son processus créatif, de la fabrication des jouets en France, du secteur du jouet… Je vous laisse découvrir l’interview et vous souhaite une agréable lecture !

 

Interview-Marque-jouets-bois-Rataplan

 

 

Qui se cache derrière Ratapon ? 

Je m’appelle Raphaël, j’ai 27 ans et j’ai en tête le projet Ratapon depuis plus d’un an maintenant. Je suis ingénieur en matériaux, et pendant mes études, j’ai découvert le travail du bois dans une MJC de Grenoble. Mes colocs ont commencé à se poser des questions quand je leur disais que j’allais à l’atelier un soir sur deux !
Dans cet atelier j’ai découvert les machines traditionnelles du travail du bois, et me suis confronté à mes premiers projets : du mobilier, des skateboards, des cuillères à miel…
 
 

Quel est ton parcours, qu’est ce qui t’as mené vers l’entreprenariat ?

Fraîchement diplômé, j’ai décroché un job en recherche et développement dans une entreprise qui fabrique des maisons à ossature bois. J’ai passé de longs moments sur mon temps personnel à fabriquer des meubles. J’avais beaucoup d’outils à disposition, et surtout beaucoup de petites chutes de bois issues de la production. J’y ai rencontré Baptiste, qui est maintenant un très bon ami. Il fabrique des vélos  en bois dans de belles essences de feuillus. Avec ses chutes, j’ai commencé à fabriquer des petits objets. J’ai dessiné et réalisé un petit vélo, pour faire un clin d’œil à ses grands vélos. Ti’vélo était né, puis une multitude d’autres jouets me sont venus à l’esprit. On peut dire que c’est le début de l’aventure !

 

 

 

Travailles-tu seul ou en équipe ?

Je travaille seul mais en étant bien entouré. Je partage beaucoup avec mes proches pour éviter de foncer tête baissée dans une direction. Pour la fabrication, j’ai choisi de travailler avec des ESAT (Etablissements et Services d’Aide par le Travail). Ces organismes d’intérêt général valorisent le potentiel de chacun, en mettant en place des postes de travail et des missions adaptés aux compétences des travailleurs handicapés. Donc en ce qui concerne la fabrication, je travaille en équipe avec ce partenaire. Notre relation est très humaine, et nous avons les mêmes perspectives pour le projet Ratapon.

 

Peux-tu nous expliquer ton processus créatif ? Comment se développent tes idées de nouveaux produits ?

C’est une question difficile ! Je crois que mon processus créatif est guidé par les moyens techniques que j’ai à disposition. Je sais qu’avec telle machine, on peut réaliser telle géométrie. Puis dans la vie de tous les jours, j’observe tout ce qui se trouve autour de moi. Que ce soit dans la nature, chez des amis ou dans un magasin de jouets, j’observe les formes et les objets, et je fais parfois le lien avec une machine et donc un moyen de réaliser simplement l’objet. Cette étape est suivie d’une longue tergiversation mentale, pour comprendre les enjeux de la réalisation du produit, je pèse les pour et les contre, puis s’ensuit une série de croquis. D’abord à la main, puis sur l’ordinateur, je travaille les courbes, le design global, avant de réaliser un prototype réel en bois. Le processus peut boucler plusieurs fois avant d’obtenir un produit qui réponde au cahier des charges technique (les outils, les machines, les normes françaises…). Je partage également ces idées et ces prototypes avec mes proches, qui m’amènent toujours de bonnes réflexions !
 
 

 

Interview marque de jeux pour enfants en bois Rataplan

 

Peux-tu nous dire comment tu t’approvisionnes ? Le bois est-il d’origine locale?

Je travaille avec une scierie iséroise. C’est une entreprise familiale fondée en 1822, qui utilise des bois de l’arc alpin (Isère, Savoie, Ain). L’origine du bois est un mur porteur de mon activité.

 

La grande majorité des jouets que l’on trouve sur le marché, sont fabriqués à l’autre bout du monde. En créant Ratapon, était-ce une volonté dès le départ de changer les consciences, en proposant de fabriquer des produits uniquement de fabrication française ?

Il arrive dans l’industrie des jouets en bois, que le bois soit originaire d’Europe de l’Est, qu’il soit envoyé en Chine pour la fabrication, avant de revenir jusque chez nous. Ils bafouent le bon sens et l’empreinte carbone dans le seul but de réduire leurs coûts de production. Je trouve ça totalement irresponsable, dans la mesure où nous avons les ressources en matière et en fabrication sur notre territoire. Ce constat vaut également pour le lin. Je souhaite utiliser du lin cultivé, filé et tissé en France pour fabriquer des petites pochettes destinées à conditionner les jouets. La France est pourtant le premier producteur mondial de lin… et exporte jusqu’à 90% de sa production (notamment en Chine où le lin est filé, tissé et parfois façonné, avant de revenir en France). La filière française du lin se reconstruit depuis quelques années, et je souhaite prendre part à ce mouvement.

 

 

 

 

Qu’est-ce qui t’as motivé à choisir le bois comme matériau de tes produits ?

J’ai choisi le bois pour plusieurs raisons. D’abord parce que je baigne dans le bois depuis plusieurs années, tant au niveau personnel que professionnel. C’est tout naturellement que j’ai commencé à bricoler des jouets en bois. Plus largement, je suis fasciné par les mille aspects du bois. Ses couleurs, ses textures, ses senteurs.

C’est un matériau exceptionnel, ses propriétés mécaniques sont étonnantes, et je trouve cette matière noble, tout simplement. Finalement, dans un monde aux ressources limitées, le bois m’apparaît comme une ressource propre, durable et renouvelable, à conditionner de gérer correctement les forêts et de rester sobre dans nos besoins matériels.

 

Quels sont tes ambitions/projets pour l’avenir de Ratapon ?

Dans un premier temps, ma volonté est de localiser la fabrication en Isère en partenariat avec l’AFIPH (Association Familiale de l’Isère pour Personnes Handicapées), et le réseau de distribution sera établi à l’échelle de la France.
La vente sur internet et l’approvisionnement de points de vente partout en France me semble nécessaire pour démarrer le projet Ratapon. Par la suite, dans les régions où la demande sera importante, des partenariats seront développés avec des ESAT sur place, qui pourront travailler avec des essences de bois locales, approvisionner les points de vente alentour et ainsi encourager des circuits courts autonomes. Idéalement, Ratapon aimerait à terme ne plus vendre ses produits sur internet et aller vers de multiples réseaux de distribution locaux. Cette volonté de développement a pour but de proposer une solution industrielle et commerciale durable et résiliente. Cette solution, pourrait-elle s’appliquer à d’autres secteurs que celui du jouet ?

 

Enfin sur quoi travailles-tu en ce moment ?

En ce moment, je travaille sur la mise en production avec l’ESAT. La majorité des étapes de production est fixée, il reste comme toujours, 20 % de détails qui occupent 80 % du temps ! Ce sont justement ces détails qui vont assurer une qualité irréprochable dans nos réalisations. J’espère boucler l’aspect production d’ici quelques semaines, pour lancer le
financement participatif et les précommandes. Tout est prêt, j’attends seulement de bien valider la production des jouets, pour m’engager sur des prix justes pour les précommandes.


Ce financement aura 4 objectifs :
– Certifier les produits via un laboratoire indépendant, pour montrer qu’ils
respectent bien les normes françaises

– Financer et organiser une première production (achats de matières, fabrication)
– Créer un site de vente en ligne
– Développer d’autres gammes de jouets et pourquoi pas du mobilier pour
enfant

 
 
Vous pouvez retrouver Ratapon sur instagram ou via son site internet 😉

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